Adef Fougerolles-St-Valbert

Association pour la Défense de l’Environnement, la protection de la nature
et la sauvegarde du patrimoine
de Fougerolles-St-Valbert et de ses environs

Régie par la loi du 1er juillet 1901 (référence J.O. des 14 et 15 mai 1973, n°113).
Affiliée à « Haute-Saône Nature Environnement ».

Maison des Associations,
20 rue du Bas de Laval
70220 FOUGEROLLES-SAINT-VALBERT
     06 07 49 92 99
  Courriel : adef70220@gmail.com

LE GRAND TÉTRAS

Le Grand Tétras

(ou Grand Coq de Bruyère)

Le Grand Tétras, oiseau emblématique des Vosges,  connaît une forte régression de ses effectifs depuis ces trente dernières années. Les facteurs de sa disparition sont multiples, les deux principaux encore actuels étant le dérangement et une sylviculture inapropriée.

Au milieu des années 1970, un constat très alarmant de la situation constitue le point de départ. La nécessité de protéger le symbole vosgien est conçue et retenue. Le Groupe-Tétras-Vosges est créé pour la protection de l’oiseau et de son milieu. Contacter son président, Louis Michel NAGELEISEN, à Thiéfosse (88). De nouvelles directives sont appliquées dans la gestion des milieux à Grand Tétras. Des modifications interviennent essentiellement au niveau des règles sylvicoles, du dosage des essences, des travaux, et de la protection contre le dérangement.

La sauvegarde de l’espèce devient naturellement un véritable enjeu écologique, voire politique dans le domaine de la protection de la nature. Plusieurs massifs forestiers sont classés en « série d’intérêt écologique particulier» puis en réserve biologique (réserve du Grand Ventron, réserve des Ballons Comtois, ces deux réserves étant placées sous l’égide du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges). De nos jours, le Grand Tétras reste plus que jamais d’actualité et suscite toute l’attention des gestionnaires environnementaux. De nombreux ouvrages et rapports ont été publiés à son sujet.

Des efforts importants restent cependant à fournir pour que le Grand Coq de Bruyère ne disparaisse pas de toutes nos forêts vosgiennes.

! Info !  : Retrouvez dans le bulletin n°30 un article complet sur la problématique de sauvegarde du  Grand Tétras.

Pour de plus amples renseignements, nous vous invitons à parcourir le site du Groupe-Tétras-Vosges qui oeuvre pour la sauvegarde et le suivi des tetraonidées sur le Massif Vosgien depuis de nombreuses années.

 Groupe Tétras Vosges

DESCRIPTIONS ET PARTICULARITÉS

Le Grand Tétras (Tetrao urogallus) ou Grand Coq de Bruyère est le plus grand représentant européen de l’ordre des gallinacés (qui comprend également les perdrix et les faisans) et de la famille des tétraonidés où l’on trouve aussi le Lagopède alpin (Lagopus mutus), la Gelinotte des bois (Bonasa bonasa), et le Tétras Lyre (Tetrao terix). 
Le dimorphisme sexuel est très net (poids, taille, couleur de plumage) et se manifeste par des indices de présence différents :

LE COQ

LA POULE (femelle Tétras)

Le Grand Tétras (Tetrao urogallus) ou Grand Coq de Bruyère est le plus grand représentant européen de l’ordre des gallinacés (qui comprend également les perdrix et les faisans) et de la famille des tétraonidés où l’on trouve aussi le Lagopède alpin (Lagopus mutus), la Gelinotte des bois (Bonasa bonasa), et le Tétras Lyre (Tetrao terix). 
Le dimorphisme sexuel est très net (poids, taille, couleur de plumage) et se manifeste par des indices de présence différents :

La femelle est plus petite, elle pèse de 1,5 à 3 kg pour une longueur de 0,6 à 0,7 m et possède un plumage où domine le brun en mélange avec le roux, le noir et le blanc.

Le Grand Tétras possède des ailes puissantes dont il se sert pour quelques décollages en chandelle, plongeant ensuite dans la pente lorsque cela est possible. L’animal est plutôt un piéteur des sous-bois qui lui permettent de mieux se camoufler. C’est un oiseau résistant au froid grâce à une plumule de duvet insérée à la base de chaque plume.La longévité maximale de l’espèce est de 13 ans et demi, et le succès d’une bonne reproduction est d’environ 1 à 1,5 jeune par poule et par an.

HABITAT ET UTILISATION DU BIOTOPE

Dans notre pays, le Grand Tétras est l’hôte de la moyenne montagne. Il vit entre 600 et 2400m d’altitude dans les Pyrénées, entre 800 et 1600m dans le Jura, et entre  400 et 1200m dans les Vosges. Typiquement sylvicole, il affectionne surtout les forêts claires et âgées de conifères, pures ou mêlées d’essences feuillues, ainsi que les hêtraies plus ou moins mélangées de sapins. On le trouve aussi dans les chênaies de quelques vallées des Pyrénées ou dans des pinèdes sèches et chaudes à l’est de cette même chaîne.

Toutes les forêts habitées par le Grand Tétras présentent à peu de chose près les mêmes caractéristiques. Peu morcelées, elles s’étendent sur plusieurs milliers d’hectares. Le recouvrement des grands arbres n’y dépasse pas 60 à 70% en moyenne. Leurs structures verticale et horizontale sont diversifiées, avec de nombreux espaces ouverts où se développe un tapis herbacé riche et dense. Elles comportent un sous-étage arbustif d’au moins 30 cm de hauteur, constitué principalement par la myrtille, répartie par taches sur au moins 30% de la surface.

                                                                                      Eco-éthologie du Grand Tétras

L’utilisation du biotope varie au cours des différentes phases qui rythment la vie du Tétras. L’occupation du biotope est structurée non seulement pour un individu, mais aussi pour une sous-population, une population et une métapopulation.

Pour accomplir son cycle annuel, le Grand Tétras utilise un domaine vital de 50 à 100 ha. Chez le coq adulte, une petite partie de ce domaine (moins de 2 ha) constitue le territoire défendu pendant la période de reproduction. Celui-ci empiète sur la place de chant, à laquelle l’oiseau demeure fidèle toute sa vie durant. Les mâles immatures et subadultes se répartissent en périphérie, sur les espaces laissés vacants par leurs aînés. Les poules, aussi, sont fidèles à une arène et à leur territoire de nidification, situé à proximité. Elles s’y installent peu avant les accouplements et le défendent activement contre l’intrusion de congénères.

LES CAUSES DE LA REGRESSION

La sylviculture

C’est le facteur le plus souvent cité, car c’est sans doute l’un des plus évidents. La sylviculture détermine en particulier la structure des peuplements, élément fondamental du biotope à Grand Tétras. Selon les auteurs, l’intensification de la sylviculture est une des principales causes de régression. Dans les Vosges, les plantations monospécifiques (Epicéa et Douglas en particulier) semblent avoir eu un rôle primordial dans cette régression. Le rajeunissement des forêts serait également néfaste au Grand Tétras dans la mesure où les vieux peuplements, même s’ils ont un volume sur pied élevé, bénéficient d’une bonne ouverture du milieu. Pour simplifier, toute action sylvicole provoquant la fermeture du milieu (plantation dense, rajeunissement du massif…) est défavorable au biotope du Grand Tétras.

Le dérangement

Il se manifeste sous différentes formes selon la saison et la survie du Tétras dépend sans doute de sa maîtrise.  Ainsi la création des pistes de ski (alpin et fond) et l’essor récent des randonnées en raquettes occasionnent des dérangements durant la phase hivernale, phase pendant laquelle le Grand Tétras est particulièrement vulnérable (bilan énergétique défavorable) ; chaque décollage inopiné provoque un épuisement considérable. Bien entendu, c’est la répétition de ces perturbations qui devient problématique. Randonnées pédestres ou équestres, VTT, cueillette des myrtilles viennent perturber le Grand Coq l’été. Ces activités n’ont pas énormément d’incidence sur les adultes mais peuvent être catastrophiques pour la couvée et l’élevage des jeunes provoquant ainsi des abandons de ponte, isolant les poussins, les rendant plus vulnérables. Les dérangements semblent être moins graves à partir du mois d’août, quand les poussins sont plus vigoureux. Les dérangements pendant le chant peuvent avoir des conséquences néfastes sur la reproduction surtout s’ils sont répétés. Ils désorganisent en effet la structure territoriale.

Il est intéressant de constater que les biotopes à Grand Tétras sont très souvent situés dans des milieux à intérêt paysager (crêtes, plateaux, tourbières) du fait de leur ouverture.

La prédation

On peut considérer la prédation comme un dérangement ou un facteur de mortalité important. Les principaux prédateurs du Grand Tétras dans les Vosges seraient la martre, l’autour des palombes, le renard et surtout le sanglier. On parle de plus en plus de ce dernier, car ses populations sont surabondantes dans certaines zones et maintenant présentes dans des zones auparavant inoccupées (agrainage à des altitudes élevées). Il peut être un prédateur important des couvées et des jeunes poussins.

La prédation est certainement favorisée par les dérangements humains répétés qui affaiblissent le grand Tétras.

Le rôle des chiens errants est aussi à prendre en compte dans la prédation de l’oiseau.

La chasse

La chasse du Grand Tétras est interdite depuis 1974 dans les Vosges. Elle a évidemment joué un rôle dans la régression des populations de certaines zones. Aujourd’hui, elle ne semble avoir qu’une action indirecte en occasionnant des dérangements : battues, chiens errants et protection de certaines espèces comme le sanglier.

Les ongulés

L’explosion des populations d’ongulés peut jouer un rôle important, surtout lorsqu’il s’agit de milieux peu diversifiés offrant des ressources alimentaires faibles. En effet, les ongulés ont une action directe en éliminant la strate des arbustes et des arbrisseaux, un élément essentiel du biotope.

De plus le manque de régénération peut inciter les forestiers à planter et à engrillager, ce qui est doublement défavorable : en effet, les plantations entraînent la fermeture du milieu, et l’engrillagement est un facteur de mortalité supplémentaire.

Un facteur interne aux populations : les effectifs faibles et fragmentés

 Il est possible que les effectifs, réduits par l’impact des différents facteurs « externes » soient devenus aujourd’hui trop faibles pour assurer un développement durable des populations sur le massif vosgien. En effet, cette baisse des effectifs s’est accompagnée d’une fragmentation des populations qui est très néfaste, car elle limite voire supprime les échanges entre différents noyaux. Ceci déstabilise la structure sociale des populations et peut engendrer des problèmes  de consanguinité génétique.